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 La pire faiblesse d'une mère ◊ avec Jeanne II de Bourgogne

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Invité

MessageSujet: La pire faiblesse d'une mère ◊ avec Jeanne II de Bourgogne Dim 21 Juin - 22:15

Jeanne ∞ Mahaut

Sa fidèle Béatrice lui avait appris la nouvelle, il y a quelques semaines de cela. Sa fille. Sa Jeanne allait quitter sa sordide prison, pour revenir à la vie de tous les jours, à la demande de son mari. C’était une excellente nouvelle et pour la première fois en plusieurs mois, Mahaut d’Artois avait remercié Dieu, pour sa grande mansuétude, envers sa famille. Elle n’avait plus compté les mois qui marquaient l’enfermement de ses deux filles et de sa parente Marguerite de Bourgogne. Bien sûr, elle avait assisté aux funérailles de la jeune reine de France, montrant son soutien à sa famille Bourguignonne, dans cette épreuve. Durant ce moment, elle n’avait cessé de cracher sur l’actuel roi, l’accusant du meurtre de Marguerite, approuvée par le duc. Mahaut avait eu peur pour ses filles, en particulier pour Jeanne, qui ne s’était couverte que de parjure. Elle avait eu ce doute, et si Philippe, qui était un si bon prince, décidait comme son frère de faire éliminer son épouse. Avec cette crainte, qui lui était propre, elle avait usé d’un stratagème pour faire mander son fils jusqu’à elle, et ça, peu de temps après, la mort de son petit Robert. Sur son lit de morte, en compagnie de Béatrice et d’un prêtre, elle avait fait jurer à Philippe de reprendre sa fille et si ce n’était pas par amour, cela serait pour le bien de l’Artois et de la Bourgogne, qui lui revenait, pour la première, de droit, après sa mort. La ruse avait fonctionné et maintenant, sa Jeanne était de retour.
Par l’intermédiaire de Mathilde d’Hirson, Mahaut avait entendu dire que sa fille avait assisté aux noces royales. Cela était un grand bien, alors qu’elle, elle devait rester en exil en Artois, à cause de ses récentes fâcheries avec le roi. Mahaut était une femme sage et même si elle manœuvrait toujours dans les recoins de ses châteaux, elle préférait rester en Artois, plutôt que de se montrer auprès de ce bon à rien de Louis X. Ah si seulement son fils Philippe pouvait être roi, au moins, elle pourrait tous les écraser, en montrant à ses pires ennemis qu’ils ne pouvaient rien lui faire. Et ce Robert, oh ce gredin, ce renégat, il arrêterait de lui réclamer l’Artois. Mahaut était d’ailleurs bien contente de ne plus être à Paris, au moins, elle n’avait plus à voir sa face de renard sous les yeux, ses sourires suffisants et son hypocrisie à tout épreuve. Ce garçon était bien loin de son père et Dieu sait que Philippe avait été un homme honnête et pourtant il était mort avant son propre père, ce qui avait fait de Mahaut, l’unique héritière du comté d’Artois. Si Robert ne pouvait comprendre cela, c’était qu’il était qu’un parfait imbécile, en plus d’être un illettré.

Quelques heures plus tard.
Mahaut se trouvait dans sa chambre, joyeuse. Cette journée avait été bonne, elle avait revu sa famille au grand complet. Bien sûr, Blanche était encore vivante, mais il y avait bien longtemps que Mahaut ne comptait plus sur cette petite traîtresse. Le comte et la comtesse de Poitiers ne semblaient guère proches, mais pour Mahaut, les choses reviendraient en allant. Peut-être même qu’elle donnerait un coup de pouce au destin, elle demanderait conseil à Béatrice pour cela. Ses petits-enfants, toujours aussi beaux, toujours aussi forts, pouvaient très bien faire office de petits princes et princesses de France. Mahaut voyait déjà cette famille, sa famille accéder aux marches du trône. Ils étaient tellement beaux, Philippe était intelligent, Jeanne modeste et généreuse, le peuple de France ne pouvait pas demander mieux que cela.
La comtesse d’Artois avait tellement de projets ambitieux, elle cherchait toujours à faire tout dans la précipitation qu’elle en venait parfois à oublier, l’essentiel : les sentiments. Durant de longs mois, elle avait mise de côté sa fille Jeanne, pour se désavouer de l’affaire de la Tour de Nesle, mais Philippe le Bel n’avait plus souhaité la recevoir. Oh Mahaut avait été furieuse, elle n’avait cessé de piquer des colères, de s’en prendre aux serviteurs de ses filles, qui n’avaient pas été assez serviables pour la prévenir des méfaits des trois princesses de France. Mahaut avait été coléreuse, haineuse et avait même fini par renier ses filles, jusqu’à ce que l’espoir revienne. La femme énergique qu’elle était, s’était adoucie et son intervention auprès de Philippe avait fait ramener Jeanne à la vie. Certes sa fille avait changé, ses cheveux étaient encore courts, mais ils finiraient par repousser. En plus, Jeanne était plus froide que jamais, mais Mahaut espérait que son séjour en Artois améliorerait son humeur. Oui, Mahaut avait de grandes espérances et cela pour tout. Cependant, la comtesse d’Artois finissait toujours par oublier, qu’elle ne pouvait pas toujours tout contrôler, surtout quand il s’agissait d’un cœur brisé d’une femme.
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MessageSujet: Re: La pire faiblesse d'une mère ◊ avec Jeanne II de Bourgogne Sam 27 Juin - 10:35

   

   
ESSAI

 La noce de mon beau-frère fini, j'avais eu l'agréable, si on pouvait qualifier cela ainsi, surprise de voir une missive à mon attention m'attendre. L'origine de celle-ci m'en avait laissée coïte au possible. Oh surprise ! Ma mère venait de se souvenir qu'elle avait des enfants et des petits enfants et qu'il lui serait plus qu'agréable de les voir. Que c'est étrange : n'avait-elle pas juré par tous les saints que nous n'étions point de sa famille il y a encore quelques mois ? Cela ne l'a nullement dérangée de voir ses filles traînées dans la boue à cause des accusations les plus infâmes contre nous. Et maintenant voilà qu'elle sollicitait notre présence telle une souveraine qui fait mander ses sujets !

Le Tout-Puissant et ses humbles serviteurs nous enseigne sans cesse à accorder le pardon à ceux qui nous ont blessé. Cependant, je ne peux guère accorder cela à mes proches, cela est bien au-dessus de mes forces. Peut-être le ferais-je à l'avenir mais il en est nullement question pour l'heure.

Toutefois, d'un accord plus ou moins tacite, nous avons convenu avec Philippe que cette invitation était une excuse parfaitement légitime pour quitter Paris pendant quelques temps. Au vu des murmures que j'avais causé par ma simple présence durant la noce de mon beau-frère, il est préférable pour moi de m'éloigner de la Cour le temps que le bruit des commérages cesse... et pour éviter que j'en perde toute ma bienséance pour étriper l'épouse de Charles de Valois tant sa suffisance est agaçante au plus haut point. Si Philippe n'avait pas été présent à mes côtés à ce moment-là, qui sait ce que Dieu aurait pu m'inspirer pour la faire taire de manière définitive !

Quoiqu'il en soit, ce séjour a l'air d'être agréablement apprécié par nos enfants. Notre petit Philippe n'a eu de cesse de babiller de joie en s'agitant en tout sens afin de saluer ma mère. Un sourire attendri avait alors fleuri sur mes lèvres tandis que je tenais ce petit homme dans mes bras pour faire les présentations, mes filles présentes à mes côtés.

Seulement, depuis ce moment, je prends garde à ne pas m'attarder davantage que nécessaire en présence de ma mère. Je demeure également la plus muette possible face à ses questions, me contentant de quelques banalités en guise de réponse. Ces réponses ressemblent sans y méprendre à des reproches silencieux face à l'attitude des mois passés de celle qui m'a mise au monde. Si nos enfants n'étaient point avec nous pour dîner, l'ambiance aurait été des plus pesantes car c'est à peine si mon époux et moi-même avons échangé quelques mots pour faire circuler les plats !

D'un pas tranquille, ma coiffe dans la main car elle vient de tomber libérant par la même occasion mes mèches de cheveux de taille inégale, je me dirige vers ma chambre d'enfant où je n'ai pas dormi depuis mon mariage. Philippe me refuse encore l'accès de sa chambre et puisque le château est assez grand, je n'ai nullement l'obligation de dormir en compagnie de mes enfants. J'ai pris soin de congédier la fidèle Mathilde qui n'a jamais eu de cesse de croire en mon innocence. Ce soir, j'ai envie d'être seule et de pouvoir profiter d'une tranquillité qui me manque tant.

Soudainement, je me stoppe dans ma marche vers ma chambre. Il est vrai que j'ai omis la pensée que pour atteindre la pièce où je vais dormir cette nuit, je dois emprunter la chambre de Mère. Si petite fille, j'étais ravie de ce fait car je pouvais alors profiter un peu de mes parents avec ma fratrie une fois les longues journées finies, aujourd'hui, cela en est autrement. Ma mère est alors la dernière personne que je veux voir ce jour. Respirant bruyamment afin de me donner du courage, je pousse la lourde porte des appartements pour la refermer le plus rapidement possible. Inutile de s'attarder dans des gestes lestes qui pourraient donner envie à Mère d'engager la discussion.

Sans la regarder, je traverse la pièce pour poursuivre mon chemin.

-Bonne nuit Mère.

Ces trois mots, prononcés du bout des lèvres, ne sont que l'expression verbale de mon attitude qui se veut très distante avec ma mère. Si un étranger nous voyait, il aurait été bien en peine de croire qu'il y a encore quelques mois, nous étions très complices.

   
crackle bones


Dernière édition par Jeanne II de Bourgogne le Lun 17 Aoû - 12:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La pire faiblesse d'une mère ◊ avec Jeanne II de Bourgogne Mar 7 Juil - 17:23

Jeanne ∞ Mahaut

Mahaut, comtesse d’Artois n’avait jamais été un modèle exemplaire de maternité. Elle avait mis au monde ses trois enfants dans la douleur, elle en avait perdu d’autres avant le terme. Elle les avait regardés de loin pendant que la nourrice les nourrissait. Elle était restée à leurs côtés pour contempler leurs exploits. Parfois, elle leurs avait appris des choses. Mahaut était née femme, mais elle aurait mieux fait de naître homme, pour pouvoir se battre contre les préceptes que son sexe lui imposait. Pour beaucoup, comme pour son neveu Robert, être femme signifiait qu’on ne pouvait pas gouverner un comté, qu’on ne pouvait pas être pair de France. Ils se trompaient tous, parce que pour elle, les femmes valaient mieux que les hommes. Elle avait eu trois enfants, Jeanne, Blanche et Robert. Cela serait un mensonge pour elle, de dire qu’elle n’a pas préféré son fils à ses filles. Son petit comte, comme elle aimait l’appeler était tout pour elle, le perdre, il y a peu fut un terrible déchirement. Par cette mort, Mahaut perdait beaucoup, notamment la Bourgogne qui revenait donc à sa fille ainée, Jeanne, toujours en prison et donc à son mari, qui appartenait à la couronne. A défaut du comté de Bourgogne, elle possédait l’Artois, mais cela ne comblait pas cette perte pour Mahaut, qui à sa mort transmettrait tout à sa fille, qui le transmettra à ses enfants et si Philippe devenait roi, à la couronne. L’Artois pouvait perdre son indépendance et cela ne plaisait pas à la comtesse, qui ne jurait que par sa terre. Maintenant qu’elle n’avait plus son jeune Robert, que sa fille Blanche était enfermée à Château Gaillard, pour encore très longtemps, il ne lui restait plus que Jeanne, sa douce Jeanne, si intelligente, si douce et avec de si beaux enfants. Cette fille l’occupait. Mahaut avait pris son destin en main, en conseillant à son mari de la reprendre, quand elle perdit son fils. Offrant ainsi à Jeanne, la Bourgogne. La terre appelle l’ambition, Philippe ne put refuser, comme elle le pensait.
Mahaut n’avait guère parlé à sa fille depuis son arrivée, il y avait quelques heures, elle avait écouté ses petits-enfants parler de leurs exploits. On lui avait aussi fait un rapport du mariage royal qui avait eu lieu quelques semaines auparavant. Avoir son unique famille chez elle, comblé de joie la maîtresse de l’Artois, qui avait été séparé durant plus d’un an de son ainée. Mahaut n’avait pas évoqué les fautes de Jeanne, elle ne savait même pas si elle avait réellement fautée, mais pour elle, c’était du passé, il n’y avait plus rien à discuter de cette honte familiale.
A l’heure du couché, sa fidèle Béatrice l’avait déjà apprêté pour se mettre au lit et c’était dans ses plus riches atours que la comtesse d’Artois se trouvait, allongée dans son lit, en train de lire une dernière lettre venant d’un émissaire venu d’Hesdin, qu’elle entendit une personne entrer. Sa fille Jeanne, bien sûr, qui allait rejoindre ses propres appartements. Ce fut avec un sourire maternel que Mahaut accueillit son enfant, mais bien vite, elle remarqua, la froideur de Jeanne à son encontre.

« Et bien ma fille, vous voilà bien froide. Seriez-vous souffrante ? » Demanda Mahaut, tout en ne se doutant de rien. Pour elle, elle avait contribué à faire sortir sa fille de prison, Jeanne ne pouvait donc lui faire aucun reproche. Elle était bien loin de la réalité et la comtesse d’Artois ne se doutait pas que Jeanne lui en voulait pour l’ignorance des premiers mois de sa captivité. Elle l’avait renié et maintenant elle avait fait en sorte de tout oublier.
« Venez ici, que nous puissions parler. » Disait la comtesse tout en tapota le rebord de son lit.
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MessageSujet: Re: La pire faiblesse d'une mère ◊ avec Jeanne II de Bourgogne Dim 2 Aoû - 8:27

Alors que je me trouve dans les lieux de mon enfance, la mélancolie se saisit de moi. Je crois voir le fantôme de mon frère courir derrière Blanche dans ce couloir dans de grands éclats de rire. Ce doux souvenir me semble sorti d’un autre temps. Désormais, la tendresse envers la propriétaire des lieux a fait place à de une froideur glaciale et une sourde colère me serre le cœur. Rien que de voir ma mère ravive les sentiments de haine et de désespoir qui m’ont animé durant mes longs mois de captivité. Par respect pour mes enfants qui profitent à nouveau de leur grand-mère, je ne peux me permettre de laisser éclater l’hypocrisie dans laquelle j’ai joué au cours de la soirée. Seulement, l’attitude désinvolte de la comtesse d’Artois m’est difficile à supporter. Voilà que je suis désormais à nouveau sa fille ! Sa maternité avait semblé pourtant bien difficile pour elle à supporter me concernant au plus haut des calomnies me concernant… De même que mon état l’avait bien indifférée quand j’avais bien eu du mal à réclamer davantage de bois pour chauffer ma cellule l’hiver dernier. Son soudain regain d’intérêt à mon égard ne me laisse pas insensible mais malheureusement pas dans le sens où ma mère doit l’espérer.

-Ma santé vous intéresse donc à nouveau ? Demande-je en me tournant vers elle en feignant l’étonnant. Vraiment, je crains de ne pas comprendre votre volte-face au vu des… événements de l’année passée.

Je prends mon temps à chercher les mots pour qualifier tous les enchaînements malheureux que j’ai dû traverser. Peut-être sera-t-elle capable de se souvenir de ce que je veux parler ?

Quand je la vois tapoter sur son lit pour me faire asseoir à ses côtés, je hausse un sourcil devant sa manœuvre. Croit-elle m’appâter de cette manière ? Cela aurait pu effectivement marché dans une autre époque, je le concède. Toutefois, avec mon emprisonnement injuste puis le désenchantement suivant la reconnaissance de mon innocence, je crains de ne plus pouvoir entretenir des relations aussi cordialement que par le passé envers ceux qui m’ont délaissé quand j’en avais le plus besoin.

-Parler, je n’en ressens nullement le besoin, Mère, contrairement durant les mois d’hiver. En revanche, je suis certaine que ma sœur Blanche sera ravie de recevoir du soutien de la part de sa charmante mère.

Mes mots ne prenaient pas la peine de cacher les différents reproches qu’on peut faire à l’orgueilleuse comtesse d’Artois de son attitude récente. Si elle se croyait exempte de toutes fautes, elle s’aveugle lourdement !
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MessageSujet: Re: La pire faiblesse d'une mère ◊ avec Jeanne II de Bourgogne Dim 16 Aoû - 16:44

Jeanne ∞ Mahaut

La comtesse Mahaut d’Artois n’aurait jamais imaginé recevoir une telle froideur de la part de sa fille Jeanne, qui venait tout juste de sortir de prison. Bien sûr, si elle avait un cœur moins orgueilleux, elle aurait pu penser que son ainée ne serait pas heureuse de la revoir, ni de lui accorder sa confiance. Mahaut n’avait-elle pas rejeté ses filles, il y a un an de cela, quand celles-ci furent couvertes de parjures ? Mahaut n’était pas ainsi, son cœur de mère égoïste ne voyait que son avantage et depuis que sa fille était de nouveau libre, et sûrement bien avant ça, elle n’avait qu’un souhait, que sa Jeanne devienne reine. Inflexible, elle écouta les propos de sa Jeanne, tout en prenant une expression de surprise. Au fond d'elle, Mahaut était furieuse, mais elle ne le montrerait pas. A quoi bon se mettre à dos son seul enfant, quand celui-ci pouvait un jour porter la couronne de France. Mahaut en exil était devenue une femme conspiratrice, qui n’avait qu’une envie utiliser le poison à tort et à travers, sur ses nombreux ennemis. N’avait-elle pas poussé Guillaume de Nogaret, qui avait contribué à la mise en prison de ses filles ? Si ! Elle n’irait pas le crier sur tous les toits, elle n’irait pas l’avouer à Jeanne, qui n’avait pas assez de force de pouvoir supporter cette vérité, mais c’était elle qui avait vengé ses filles, elle et personne d’autre. Les ennemis étaient nombreux, tout comme les personnes qui se trouvaient sur son passage, mais la comtesse d’Artois n’avait pas froid aux yeux, tout ce qu’elle désirait, c’était son avancement et celui de sa lignée.

« Ma Jeanne, pourquoi tant de froideur, alors que j’ai contribué à vous faire sortir de cette sinistre situation. » Commença la comtesse sur un ton doux, que n’importe quelle mère utiliserait envers son enfant. « Oui ma chère fille, c’est moi qui ait demandé à votre mari de vous libérer de votre prison, puisque j’avais conscience de votre innocence, vous avez toujours été plus intelligente que votre sœur Blanche, qui elle ne faisait que suivre Marguerite. Je n’ai malheureusement rien pu faire pour elle, elle est coupable, ce qui n’était pas votre cas. » Elle fit un sourire agréable, charmeur, tout en regardant la jeune femme qui était sa fille. « Blanche s’est perdue, alors que je lui avais tout donné. Charles était un homme aimant, quoique un peu gauche, mais il était fou de votre sœur. Que puis-je faire pour elle maintenant ? Je me suis assuré, qu’elle ne soit plus en danger à Château Gaillard et que votre cousin Robert ne mette plus les pieds là-bas. Parce que oui ma chère, je suis certaine qu’il a tué Marguerite et si je ne vous avais pas sortie de votre propre prison, il aurait tout fait pour vous conduire à son sort. » Elle quitta au même instant son lit, pour rejoindre une petite table ou se trouvait une cruche de vin et une coupe. Mahaut s’en servit un fond et elle le but d’un trait. La comtesse était contrariée face à l’ingratitude de sa fille. « Vous ne savez pas ce que j’ai fait pour vous. Pour que votre mari vous revienne et vous demande auprès de lui et de vos enfants. » Elle soupira et reposa la coupe sur la table et se tourna vers sa fille, attendant une quelconque réaction de sa part. Heureusement qu’elle était assez forte pour supporter les conspirations pour deux personnes, sans ça Jeanne aurait été depuis longtemps perdue.
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MessageSujet: Re: La pire faiblesse d'une mère ◊ avec Jeanne II de Bourgogne Dim 4 Oct - 20:23

Alors que je me trouve dans la chambre de ma mère, je souhaite du profond de mon âme de me trouver dans un autre lieux. Ce souhait aurait été en total inadéquation quelques mois plus tôt tant notre relation était si tendre. Maintenant, la colère s'est emparée de mon cœur et j'en souhaite à fuir la compagnie de ma génitrice. Non pas par lâcheté, cet acte s'expliquerait par le fait que je ne veuille point commettre quelques actes insensés sous la colère.

Même si c'est sur un ton doux, ma mère me reproche mon attitude à son égard. Ma mâchoire se contracte violemment sous la poussée de colère incontrôlée. Mon regard se fait dur à l'entente de Blanche. Ma chère soeur, si injustement accusée tout comme moi, est toujours coupable pour notre mère ? Mais pourtant, elle sait que si je suis innocente, Blanche l'est aussi ! Je suis d'accord avec le fait que Blanche n'est point parfaite -mais après tout, quelle personne peut se targuer d'être sans reproche ? Personne. Pourtant, malgré cela, ma soeur ne se rendrait jamais coupable d'une telle sorte.

-Blanche, coupable ? Raille-je en passant sous silence la mention que Philippe m'a rappelé grâce à elle.

En dépit de la distance entre nous, je vais respecter l'accord tacite que nous avons décidé entre Philippe et moi-même. Laissons le plus loin possible ma mère dans notre relation.

-Vous entendez-vous quand vous prononcez vos paroles Mère ? Nous sommes vos filles, vous nous avez élevé. Comment osez-vous penser que nous ferions un tel acte ? Nous n'avons jamais cessé de dire notre innocence ! Peu importe qu'elle soit en sécurité contre un acte similaire qu'a connu Marguerite, elle devrait être hors de ce château, tout comme moi ! M'emporte-je.

Il est difficile de ne pas sentir la colère dans mes paroles. Je me retiens difficilement de hurler face à ma mère mais je me contrôlerais pour lui faire ça. Après tout, si je me mets à hurler, non seulement je n'aurais que peu de crédibilité face à elle qui garde son calme mais je risque également de réveiller mes enfants ou d'alerter Philippe. Inutile d'envenimer à ce point la situation.

Toutefois, je ne suis guère surprise de l'entendre accuser mon cousin du meurtre de ma cousine. Après tout, cela était prévisible que la comtesse d'Artois mène l'enquête pour savoir qui a intenté aux intérêts de l'Artois. Cependant, je n'aurais jamais pensé que le nom de Robert vienne si vite dans la conversation, ce dernier a tendance à revenir souvent dans la bouche de ma mère quand l'Artois est concerné, de près ou de loin.

-Ne voyez-vous donc pas ? Demande-je à moitié incrédule qu'elle ne soit pas rendue compte de ce que je vais lui dire. Que ce soit ce cher Robert ou un autre, ces accusations sont arrivées à point nommé pour nombres de personnes. Diantre ! Que dire du meurtre de Marguerite qui intervient pile au moment le plus opportun pour nombre de nobles ? Tout cela n'est que depuis le début une vaste machination pour porter préjudice à l'honneur de nos familles !

Durant les longues nuits où le sommeil ne me trouve pas alors que je suis dans le lit de mes enfants, j'ai eu le temps de réfléchir à tout ceci. Je n'ai eu de cesse de retourner cette situation dans tous les sens et c'est la seule possibilité qui me soit paru crédible pour être réelle.

-Ce que vous avez fait pour moi, Mère ? Répète-je lentement froidement. Je me souviens surtout de vos paroles nous reniant, Blanche et moi, alors qu'on vous demandez, suppliez de nous écouter quand nous n'avons eu de cesse de répéter que nous étions et sommes toujours innocentes des crimes dont on nous accuse ? Savez-vous, quand j'étais seule dans ma cellule froide pendant des jours, que j'ai envisagé de demander à subir l'ordalie pour prouver à tous ce qu'on ne voulait guère croire dans mes mots ? Mais soit, allez-y ! Je vous écoute, Mère, puisque je suis à ce point si ignorante !

J'accompagne mes mots d'un grand geste de la main pour l'inviter à me dire tout ce qu'elle souhaite me taire dans ses non-dits. Ne voit-elle donc pas que je ne suis plus une enfant à qui l'on doit taire les plus noirs secrets pour ne pas le blesser ?
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MessageSujet: Re: La pire faiblesse d'une mère ◊ avec Jeanne II de Bourgogne Lun 21 Déc - 22:10

Jeanne ∞ Mahaut

La comtesse d’Artois n’éprouvait jamais de regrets. Quoiqu’il puisse se passer, elle affrontait ses actes et ses choix, sans jamais perdre de sa superbe. Mahaut était ainsi faite, elle avait été élevé dans la splendeur et la richesse de l’Artois, elle avait épousé un comte, elle avait gagné l’Artois devenant elle-même comtesse, elle avait marié ses deux filles à des princes… Peu de femmes pouvaient atteindre un tel prestige, sans être lié à un mari. Le pouvoir ne s’obtenait pas sans peine, le Seigneur lui avait fait affronter de nombreuses épreuves, comme la mort de ses trois fils, la perte de son mari, mais également l’emprisonnement de ses deux filles. Malgré les épreuves, Mahaut restait toujours debout, la tête haute, faisant face à ses ennemis. Rien ne pouvait la déstabiliser, pas même la mort.
Mahaut ne comprenait pas la froideur de sa fille, pour elle Jeanne se comportait de façon injuste, sans comprendre la position et la honte qu’elle a ressentie, quand elle avait vu ses deux filles tondues, injuriées par tous. La comtesse d’Artois aurait pu tout perdre à cause du comportement puéril de ses filles. Comment Jeanne pouvait-elle croire que sa sœur était innocente ? Comment pouvait-elle lui en vouloir, alors que c’était grâce à elle, qu’elle avait quitté sa prison et qu’elle se trouvait aujourd’hui auprès de son mari et de ses enfants. La famille pouvait vraiment se montrer ingrate !

« Coupable elle l’est contrairement à vous ma fille. » Mahaut répondit sur un ton cinglant, le ton de la mère autoritaire et implacable. La comtesse d’Artois avait toujours été ainsi, surtout qu’elle ne supportait pas être contestée, même par sa propre fille. « Si vous avez eu l’intelligence de ne pas suivre votre cousine Marguerite, je connaissais très bien l’influence qu’elle avait sur votre sœur. Blanche est jeune, naïve et j’ai vu dans son regard qu’elle était coupable. Seule une mère ressent ça, vous devriez le savoir désormais. » Son regard noir était posé sur sa fille, aussi tranchant que le poignard, Mahaut voulait faire en sorte que cette vérité touche Jeanne et qu’elle cesse de nier les implications de sa jeune sœur. « De toute façon, Charles a tenté de plaider sa cause auprès du roi et celui-ci a refusé de faire sortir votre sœur. » Blanche était condamnée jusqu’à la fin de ses jours. Coupable d’adultère son mari, même s’il l’aimait, n’aurait plus jamais de crédibilité s’il venait à reprendre son épouse. Pour Mahaut, Blanche n’existait plus, elle n’était plus qu’un lointain souvenir, tout comme pour ses autres enfants disparus. « Je n’ai plus que vous Jeanne, depuis la mort de votre frère. » Son Robert, son beau Robert, un jeune homme disparut dans la fleur de l’âge, qui avait tant à prouver. Mahaut l’avait perdu il y a peu et son souvenir restait douloureux pour son cœur de mère. Sa mort avait permis le retour de Jeanne, mais à quel prix ? Elle perdait son fils unique, son héritier, celui qui aurait pu défendre l’Artois face à son cousin. Maintenant, le combat, elle le menait seule et plus tard cela serait au tour de Jeanne.
Cette dernière ne semblait pas croire les paroles de sa mère, mais ce qu’elle n’avait pas encore compris, c’était que Mahaut savait tout. L’implication de Robert, ses manigances avec Isabelle, ils étaient tous coupables, mais ce qui l’agaçait plus, c’était que Blanche et Marguerite aient osé risquer leur place pour quelques amourettes avec de petits chevaliers.
« Oh ne me prenez pas pour une idiot Jeanne, je connais très bien les manigances de Robert. Il a cherché pendant des mois à m’atteindre et il y est parvenu. Il est venu jusqu’à Hesdin pour me l’annoncer de vive voix et se délecter de mes malheurs. Tout cela aurait pu lui servir, mais il n’en est rien, Robert n’est toujours rien et moi je possède toujours l’Artois. » Elle marqua une pause, termina sa phrase en serrant son poing. « Marguerite, pauvre malheureuse… Le roi ne s’est pas fait que des amis en faisant assassiner la sœur du duc de Bourgogne. Heureusement pour nous, Eudes est de notre côté et il est prêt à faire valoir les droits de sa nièce. » Un sourire perfide apparut sur les lèvres de la terrible comtesse.

« Cessez de parler ainsi à votre mère Jeanne ! » Elle se mit à parler d’une voix plus forte, plus autoritaire, ne supportant pas d’être remise en cause par sa propre fille. « Vous connaissiez aussi bien le roi Philippe que moi. Sa justice était implacable. Que pensez-vous qu’il aurait fait, si j’étais venu implorer votre innocence ? Encore aurait-il fallu qu’il m’accepte dans son entourage, puisque bien sûr juste après ce procès, j’ai été cordialement invité à rejoindre l’Artois. J’ai longuement écrit à votre propre mari, qui a toujours refusé de venir à moi, donc j’ai fait la morte, peu de temps après la disparition de votre frère, lui faisant convoiter la Bourgogne et l’Artois. Voilà pourquoi votre mari vous a repris, parce que je lui ais agité de puissantes terres sous le nez, peu importe pour lui que vous soyez coupable ou innocente, tout ce qui l’a intéressé, c’étaient mes terres. » Elle soupira et se détourna de sa fille qu’elle jugeait si ingrate. « Le monde est sans pitié Jeanne et vous devriez le savoir maintenant. Quand on joue au eu des trônes, soit nous gagnons, soit nous perdons. Je suis prête à tout pour gagner et défendre nos intérêts. A tout ! »
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MessageSujet: Re: La pire faiblesse d'une mère ◊ avec Jeanne II de Bourgogne Mer 30 Déc - 21:11


La pire faiblesse d'une mère

Comme je le pressentais, la nouvelle confrontation avec ma mère ressemble davantage à un combat sur un champ de bataille qu'à un échange entre deux personnes s'aimant tendrement. C'est pour cela que je la redoutais autant que je l'attendais avec impatience pour pouvoir lui dire toute la peine qu'elle m'avait causé par son rejet. Mais au final, la vérité m'est apparu à nouveau dans sa plus cruelle apparence de sincérité. Est-ce ainsi que tous voient ma mère, une personne sans la moindre compassion ou bonté envers ses proches ? Peut-être est-ce cela la vérité que j'ai cherché à me cacher pendant tant d'années ? Qu'importe, cela n'a plus d'importance. Les gens qui ont lancé les accusations ont gagné : après Philippe, ma mère ne me donne plus son soutien. Je suis désormais seule, comme dans ma prison il y a encore quelques mois. Il n'y a plus que mes enfants qui continuent à me voir comme leur mère sans arrières-pensées, comme avant.

Je crains, qu'à l'avenir, ils ne soient les seuls à le faire. Ma mère, quoiqu'elle en dise, continue toujours à dénier mes mots et à prodiguer de soi disant conseils tardifs pour ne pas fréquenter la défunte Marguerite. Qu'est-ce qu'elle en sait de mon attitude les mois précédents les calomnies ? Cependant, savoir que Charles a tenté de reprendre ma soeur me met du baume au cœur avant d'être aussitôt annihiler par ma mère, intraitable sur le sujet. Cela me donne tout de même un infime espoir que la situation puisse être arrangée pour Blanche comme elle l'a été pour moi.

-Ainsi donc il n'y a que l'Artois qui vous importe. Dire que j'avais encore l'infime espoir que cela ne soit pas le cas mais je me trompais visiblement, lâche-je d'un ton écœuré en l'entendant me sermonner sur les dangers de la cour. Je comprends mieux pourquoi vous avez été si prompte à nous renier, Blanche et moi. La famille n'a aucune valeur pour vous.

Énoncer cette vérité n'a malheureusement guère l'effet d'une guérison mais est un véritable poison. Je ne la laisse toutefois pas le temps de répondre que j'enchaîne aussitôt.

-Si vous aviez plus attention à nous qu'aux commérages, vous aurez su que j'ai passé de nombreux mois ces dernières années à accomplir à de nombreuses reprises mon devoir d'épouse en donnant quatre filles et un fils à mon époux. Ne vous ai-je pas écrit que la grossesse de mon fils me fatiguait plus que pour mes filles ? Pensez-vous réellement que j'aurais pu faire ce qu'on m'accuse alors que cette nouvelle maternité m'épuisait plus que les précédentes ? De plus, ce n'est nullement un secret dans le royaume que mon union avec le prince Philippe est heureuse. Pourquoi diable aurais-je été le tromper ?

Je prends une nouvelle inspiration avant de continuer :

-Et durant toute la période de ma dernière grossesse, Blanche a été d'un immense secours en me tenant compagnie avec notre cousine, ainsi qu'une dizaine d'autres épouses de seigneurs de notre âge. Notre attitude a été celle des plus attendues de la part des grandes dames de la Cour, je peux vous l'assurer.

Il est vrai, durant tous les premiers mois de notre mariage à Philippe et moi, j'ai profité de cette nouvelle liberté loin de la tutelle de ma mère en achetant un certain nombre de parures ou de bijoux et en étant souvent présente dans les danses des banquets. Tout cela est cependant un passé lointain et n'a été que bien éphémère : dès que j'ai commencé à avoir des doutes concernant la grossesse de Jeanne, j'ai arrêté de me comporter ainsi, par crainte de perdre l'enfant. Je n'ai eu de cesse alors de me consacrer aux ouvrages attendus d'une dame et à l'éducation de mes enfants plus nombreux à chaque année passée.

-Ni moi, ni Blanche, ni même Marguerite avons trompé nos époux, déclare-je en la regardant droit dans les yeux afin qu'elle y lise ma certitude sur la vérité de ces mots.

-Mais ces mots, vous n'avez pas voulu les entendre quand on vous suppliez de nous écouter. Vous étiez celle qui avait le plus de légitimité à venir nous écouter, beaucoup aurait fermé les yeux si vous aviez demandé à nous voir.

De cela, j'en étais sûre. Alors que le garde particulièrement peu joufflu me tondait, il n'a eu de cesse de rire d'un rire gras de l'absence de visite de la grande Mahaut d'Artois et du fait particulièrement sordide que mes cheveux allait décorer les enclos à cochon de la prison. Même si les mots n'ont pas été dit, les non-dits avaient été assez limpides à saisir.

-Et puis, vous ne cessez de dire que Blanche est au moins en sécurité d'un sordide meurtre comme notre cousine. Avez-vous au moins idée de comment ils nous ont traité ? L'assistance d'un prêtre pour que je puisse communier à Noël et à Pâques m'a été refusé alors qu'on a eu de cesse de me répéter qu'on m'emprisonnait pour expier mes "fautes". Jusqu'à la nouvelle année, il était bien souvent rare d'avoir une bûche pour me protéger du froid mordant de ma cellule et j'ai passé la plus grande partie de mes journées emmitouflée dans les couvertures rapiécées du lit dans l'espoir de ne pas mourir de froid, quand ce n'était pas la faim qui me tenez les entrailles car on avait "oublié" de m'apporter mon repas.

Les points serrés sur ma robe, des larmes coulent de mes yeux alors que j'évoque ma dure captivité face à ma mère. Même si cela est sans doute peu raisonnable de ma part alors que je suis surveillée, j'ai demandé à Mathilde de surveiller la tenue de la prison dans laquelle se trouve ma sœur. Même si je ne peux la faire sortir, j'ai au moins l'assurance qu'elle mange à sa faim et n'a pas froid. Mais l'amertume éprouvée lors de cette captivité éclate de plus belle alors que mes larmes coulent à flot sur mon visage tandis que je prononce ces mots :

-Mère, pourquoi avez-vous donc refusé d'écouter nos suppliques ?
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MessageSujet: Re: La pire faiblesse d'une mère ◊ avec Jeanne II de Bourgogne Sam 23 Jan - 12:34

Jeanne ∞ Mahaut

L’Artois, sa terre coulait dans les veines de la comtesse. Oui, il n’y avait que son comté qui comptait pour elle. Cette terre, ses habitants, ses richesses, l’Artois elle y avait passé toute son enfance avant de rejoindre la cour. Elle en gardait de bons souvenirs et surtout, elle gardait en elle la fierté d’avoir été un jour choisie pour devenir comtesse, face à un homme. Elle était la descendante de Saint Louis, celui qui avait octroyé l’Artois à son frère, ancêtre de Mahaut. Cette terre était tout pour elle et pour rien au monde, Mahaut ne voudrait la perdre, surtout face à son terrible neveu Robert. Malgré cette ambition, Mahaut avait tout de même aimé tous ses enfants. Ses fils morts, elle leurs avait tous donné une sépulture décente et majestueuse, des lieux où elle pouvait prier pour leurs petites âmes. Sa fille Blanche, malgré sa traitrise Mahaut pensait à elle tous les jours. Elle était trop délicate pour la prison, mais la comtesse espérait que sa cadette ait tout de même sa force pour pouvoir affronter cette terrible épreuve. Peut-être qu’un jour, elle parviendra à la faire sortir de prison, surtout si son beau-fils parvenait à gravir les marches du trône. Enfin, c’était ce qu’elle espérait. Quant à Jeanne, Mahaut avait misé tous ses espoirs sur elle et elle attendait beaucoup de cette fille. Son emprisonnement avait été une déception, mais maintenant qu’elle était de nouveau libre, la mère de famille espérait bien que son ainée comprenne ses choix.

« L’Artois est le comté que je vous remettrais à ma mort Jeanne, si vous êtes trop en colère pour comprendre cela et à continuer de me critiquer, tant pis pour vous. Si vous n’avez pas compris que mes filles comptaient autant pour moi que ce comté, vous êtes bien idiote. A quoi bon posséder l’Artois si je ne peux pas le transmettre à mes enfants et mes petits enfants ? Si je ne peux pas le faire, c’est que j’ai tout perdu. » Mahaut parlait de nouveau de son ton froid, elle était en colère contre sa fille et se demandait bien ce qu’elle avait mérité pour recevoir autant de brimades de sa part.

« Jeanne, vous pensez réellement que je ne crois pas en votre sincérité ? Vous avez toujours été la plus intelligente de mes enfants, celle qui a toujours su où se trouvait son devoir. Mes petits-enfants, j’ai toujours été présente pour chacune de leurs naissances et ils sont ma fierté, la continuité de notre lignée. Je travaille pour leur avenir, autant que pour le vôtre. » S’exclama Mahaut qui pensait aux nombreux enfants dont Jeanne a donné naissance.
Pour toutes ces raisons, qu’elle venait d’exprimer, jamais Jeanne n’aurait pris un amant, contrairement à sa sœur et à sa cousine. Blanche et Marguerite n’était pas de la même sagesse que Jeanne, elles avaient probablement cru être invincible, mais malheureusement pour elle, la justice les avait rattrapé.
« Jeanne le fait que vous défendiez votre sœur et votre cousine est admirable, mais elles ont avoué. Marguerite a clamé devant Isabelle, qu’au moins elle, elle avait été heureuse. Elle a avoué sa faute. » Sur ce point, Mahaut était certaine, elle avait assisté à toute la scène. Blanche avait peut-être clamé son innocence, mais Marguerite, la fière Marguerite ne s’était pas gênée pour humilier également Isabelle de France, son accusatrice. Malheureusement, aujourd’hui, la belle plante avait fané et Louis son mari l’avait rapidement oublié, ne la pleurant même pas quand il apprit sa mort.
Jeanne lui répéta à nouveau les peines qu’elle avait subies. Pendant ce temps-là, Mahaut revoyait les terribles images de ses filles, baladées dans une charrue à travers la ville de Paris, pour rejoindre leurs prisons. Ses filles avaient été humilié par Isabelle et Robert, mais Mahaut n’oubliait pas, elle les punirait pour tous les maux qu’ils avaient causé à sa famille.

« Jeanne, j’ai eu connaissance de toutes les horreurs que vous aviez vécu. Je n’ignore rien. A votre avis, pourquoi j’ai poussé votre mari à vous reprendre après la mort de Marguerite. Je me refusais à subir les mêmes peines que sa mère. » Agnès de France, fille de Saint Louis avait beaucoup souffert de la mort de sa fille, celle qui était reine de France, mais une reine emprisonnée. Les familles d’Artois et Bourgogne avait partagé les mêmes peines. Pour ne pas à devoir supporter plus, Mahaut a tout fait pour faire sortir de prison sa première fille. Néanmoins, elle n’était pas certaine de pouvoir faire la même chose pour Blanche. Pour le Hutin, la cadette de Mahaut était tout simplement coupable.
La comtesse écouta la dernière phrase de sa fille. Leurs suppliques, elle les avait entendu, elle les avait comprise, mais elle n’était qu’une femme et le Hutin lui avait coupé tous les moyens pour pouvoir agir en conséquence.
« Parce que je suis une femme et qu’une femme, même la plus puissante a toujours les poings liés face à la décision d’un homme. »
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MessageSujet: Re: La pire faiblesse d'une mère ◊ avec Jeanne II de Bourgogne Lun 13 Juin - 9:15


La pire faiblesse d'une mère

L'amertume étreint mon coeur alors que je me retrouve en tête à tête pour la première fois face à ma mère depuis si longtemps. Trop de choses ont été tues pendant si longtemps que la rancoeur a pris la place de l'amour entre nous. A moins que cela soit du aux sordides accusations dont j'ai été la victime et que ma mère a cru ? Que ce soit l'une ou l'autre raison, la vérité est désormais la même maintenant : mes croyances d'enfants ce sont envolées. Plus que mon mariage, c'est bel et bien ces calomnies qui m'ont ôté toutes illusions sur la cruelle réalité.

Les quelques paroles de réconfort que mère me donne me semble illusoires. Oui, la rancoeur me serre le coeur mais j'ai l'impression qu'en cet instant, je n'ai jamais été autant lucide.

-Auriez-vous agi de même si mon frère -que Dieu ait pitié de son âme !- était encore de ce monde ?

Ma voix est accusatrice, comme un défi lancé à ma mère. Tout serait différent puisqu'il n'y aurait pas le risque que ce soit ce chien de Robert qui récupère le comté.

Au rappel de la présence de ma mère à mes accouchements, mon regard s'adoucit involontairement. Il est vrai que son soutien en ses heures difficiles a été des plus réconfortantes pour moi, surtout lorsque mon corps se pliait pour la première fois sous les douleurs de l'enfantement.

-Préparer notre avenir ? Répète-je avec un ton surpris. Je vous interdis de négocier des alliances pour mes enfants sans l'autorisation de Philippe ! Gronde-je avec férocité.

Il s'agit surement guère de cette possibilité, cependant, ma fille Jeanne sera bientôt en âge d'épouser un brillant parti. Il ne serait pas surprenant si ma mère tente d'influencer le cours des évènements en sa faveur en proposant la main de l'une de ses petites-filles ou même de son petit-fils. Même si nos relations sont compliquées avec Philippe, je prendrais soin de lui faire parvenir un billet l'informant des éventuelles intentions de ma mère.

Quand ma mère avoue que la défunte Marguerite a raillé Isabelle tout en avouant le crime dont on l'a accusé, mon souffle se coupe. Je ne sais ce qui me surprend le plus : que ce soit effectivement la reine d'Angleterre qui a prononcé les accusations (je n'étais pas présente au moment de la scène, toute occupée à surveiller l'hotel de mon fils nouveau-né) ou les aveux de ma défunte belle-soeur.

-Comment le savez-vous ? Il peut s'agir de calomnies supplémentaires à notre encontre, contre-je néanmoins en continuant à soutenir les deux autres accusées.

Puis je lui avoue ce que j'ai subi durant ma détention. Je pensais taire à jamais mes tourments hormis à ma chère Mathilde mais je suis incapable de le faire face à ma mère. Alors que je raconte mes souffrances, les larmes coulent le long de mon visage. Quand elle avoue ne pas vouloir connaître la même peine que la duchesse douairière de Bourgogne, je ne peux m'empêcher de lâcher :

-Alors essayer à nouveau car, tout peut basculer d'un battement de cil. Comme vous l'avez dit, Robert ne cessera jamais d'agir jusqu'à obtenir gain de cause.

Devant les accusations dont il est très certainement coupable, je ne doute pas que mon "sympathique" cousin n'hésitera pas à aller à une telle extrémité pour nous arracher le comté. Mère a intérêt à mettre toute ses forces dans la bataille si elle veut effectivement évité une telle chose.

J'éclate d'un rire hystérique en entendant ma mère dire avoir les poings liés face à la décision d'un homme. Elle ? La redoutable Mahaut d'Artois, l'une des comtesses les plus puissantes et riches de France, impuissante ? Je n'en crois pas un mot.

-Vous entendez vos paroles, mère ? Je vous connais assez que rien, pas même le roi de France, ne parviendra à se mettre en travers de votre chemin si vous êtes résolue à une décision.

Mais restait à savoir quelle décision elle allait prendre. Je priais de toute mon âme pour que ce soit en cet instant sortir ma soeur Blanche de la prison où elle se trouve. J'essuie les traces des larmes qui ont coulé le long de mes joues tandis que je me redresse alors que je n'avais pas conscience d'être tombée à genou.

-Ne me dites pas que vous n'avez rien prévu pour abattre définitivement les personnes qui ont calomniées notre maison.

Ma phrase est prononcée sur un ton d'évidence. Si je viens à me tromper, ce sera ma tâche que de faire cela, quand j'aurais repris mes forces. Reste à savoir si ma mère n'a pas déjà amorcée quelque chose...
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MessageSujet: Re: La pire faiblesse d'une mère ◊ avec Jeanne II de Bourgogne Mer 10 Aoû - 18:41

Jeanne ∞ Mahaut

Si son regretté Robert était encore présent parmi eux, oui elle aurait agi différemment, peut-être qu’elle aurait pris plus de risque pour sauver Blanche, mais en ce qui concernait Jeanne, Mahaut aurait également tout fait pour la faire réhabiliter, elle connaissait sa valeur, elle savait que si tout se terminait pour le Hutin et sa lignée, sa fille serait en première position pour prendre la place de Clémence de Hongrie et son beau-fils serait roi. Jeanne lui était précieuse, tout comme Robert l’avait été par le passé.

« J’aurai agi de la même manière, si ce n’est que Robert m’aurait aidé à vous faire sortir de là, lui en tant qu’homme aurait sûrement eu plus de poids que moi. » Mahaut d’Artois savait que même en ayant une parole plus sûre que sa mère, jamais le jeune Robert n’aurait pu faire flancher le cœur de fer de Philippe le Bel. L’homme était trop inflexible et la trahison de ses belles-filles était impardonnable à ses yeux. S’il était encore de ce monde, Mahaut était certaine que Jeanne se trouverait toujours en prison, mais en contrepartie, Marguerite serait toujours en vie, puisque jamais le roi Philippe ne l’aurait condamné à mort. Tuer une femme en prison était de la politique de faible et de fourbe, cela n’était pas des défauts de feu le roi Philippe.
Jeanne la défiait. Jeanne était en colère, mais Mahaut savait que sa fille lui pardonnerait un jour. Elles n’étaient plus que toutes les deux et dans ce monde, pour pouvoir survivre, elles avaient besoin de se soutenir et de tout faire pour se protéger. Jeanne reviendrait à la raison, elle était sage et elle savait que les conseils de sa mère étaient toujours avisés.
« Je n’irai jamais à l’encontre de Philippe, ne me prenait pas pour une sotte ma fille. Mais si je peux vous conseiller et vous aider pour donner des positions avantageuses à vos enfants, je le ferais. Un jour l’un d’eux aura l’Artois et vous savez que ces terres sont aussi précieuses à mon cœur que vous et vos enfants. » Elle préféra ne pas mentionner Blanche. Pauvre Blanche qui s’était perdue et qui jamais ne lui reviendrait.

Quand l’affaire de la Tour de Nesle avait éclaté, Mahaut avait aussitôt quitté ses terres pour venir sur Paris et plaider la cause de ses filles à Philippe le Bel. Malheureusement, ce dernier avait refusé de la recevoir et la comtesse d’Artois avait assisté impuissante à la mise en cause de Marguerite. La belle bourguignonne avait été à ce moment-là rasé et elle n’avait pas cherché à justifier, sauf pour dire que sa fille était légitime. Elle avait conclu ses paroles dans une tirade contre Isabelle pour lui dire qu’elle était jalouse de son bonheur et qu’elle serait malheureuse toute sa vie.
« J’étais présente. Je suis venue aussitôt à Paris, ce chien de Robert était venu jusqu’à moi pour me l’annoncer et jubiler. Intérieurement il devait être heureux, en tout cas j’ai assisté au procès de Marguerite. » Elle s’arrêta ne voulant pas se remémorer l’image de ses filles dans une charrette, humiliée face à la foule parisienne.

Mahaut écouta attentivement sa fille. Jeanne la connaissait, elle avait tout compris et elle se doutait bien que l’inébranlable comtesse d’Artois ne laisserait pas ce crime impuni, elle se vengerait et selon sa fille, elle avait déjà tout préparé. Pouvait-elle avoué à Jeanne qu’elle désirait assassiner le roi de France ? Non sa fille était trop innocente, elle n’avait pas besoin de savoir et encore moins de se compromettre dans une nouvelle intrigue. Maintenant qu’elle était de retour auprès de son mari, Jeanne avait besoin de se préoccuper seulement de son époux et de ses enfants.
« Vous me connaissez trop bien ma fille, mais cela ne sont pas des affaires pour vous. Vous sortez tout juste de votre enfermement, occupez-vous de votre mari, de mes petits-enfants et donnez un autre petit prince à la France, cela fera notre affaire à tous. » Disait-elle pour ne pas en dire plus à Jeanne.
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