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 Blanche ✥ I’m a woman, a woman in a world built for men.

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Les Maudits
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Blanche de Savoie
♔ Messages : 278
♔ Date d'inscription : 21/06/2015
♔ Pseudo : ironlungs
♔ Camp : Mon coeur est partagée entre ma mère la France, ma cousine Lyon et mon épouse la Suisse.
♔ Avatar : Alexandra Dowling

MessageSujet: Blanche ✥ I’m a woman, a woman in a world built for men. Dim 21 Juin - 22:38



Pseudo Web : ironlungs
Age : 22 ans
Où avez-vous trouvé LRM ? : Grâce à PRD  
Comment le trouvez-vous ? : Très bien et surtout très bien détaillé !
Votre personnage est-il historique ou fictif ? Historique, mais très peu d'informations sont disponibles  
Crédits images : Tumblr
Blanche de Savoie

Le temps a gommé les aspérités de son caractère et enraciné sa majesté naturelle. Blanche est un soleil noir. Autour d'elle, tout s'éteint et se fige. Elle ne se presse pas.

Age : 22 ans
Date & Lieu de naissance : Née le 27 avril 1293 en Savoie
Origine : Savoyarde
Situation amoureuse : Mariée depuis 1310 à Pierre II de Grandson
Métier : Dame de la maison De Savoie, fille du baron du Vaud, épouse du chevalier et seigneur de Grandson, de Belmont, de Cudrefin, de Grandcour, de Bellerive et de Sainte-Croix.
Allégeance : À la Savoie. Je suis également fidèle à la Suisse, mon épouse. La France et Lyon se partagent le reste de mon coeur. Très proche de mon cousin, Pierre de Savoie, archevêque de Lyon, je n'ai supporté de voir Lyon annexée de la sorte par Louis X et feu Philippe le Bel.  
Groupe : Les Maudits
Caractère : Fière - Ambitieuse - Jalouse - Tempérée - Loyale - Juste - Charismatique - Insouciante - Frondeuse - Ironique - Déterminée - Orgueilleuse - Digne - Hautaine - Courageuse - Directe - Possessive - Rancunière - Secrète - Tenace - Insoumise
Avatar : Alexandra Dowling

Que pensez-vous de la malédiction ?  Je n'y crois guère. Qui croirait à pareilles superstitions ? Mon avis, beaucoup plus pragmatique, cherche à déceler la vérité en des faits tout à fait logiques. Les morts prématurés des dits "maudits" ne doivent être dues qu'à quelques maladies, coups bas ou assassinats. Mieux vaudrait se préoccuper de l'avenir plutôt que de s'arrêter sur des hypothétiques sorts ridicules et grossiers. La France a d'autres soucis, il me semble, que quelques mots prononcés par un fou aux portes de la mort.

Qu'êtes vous prêts à faire pour votre camp ? En tant que femme, il me semble que mon champ d'action est légèrement limité. En théorie. En pratique, je serais prête à tout. J'ai d'ailleurs épousé mon mari pour asseoir le pouvoir de ma famille et en particulier de mon père en Savoie et dans les Alpes. En effet, avant sa mort, il se trouvait être en conflit avec son frère, mon oncle donc, Amédée V pour obtenir le titre de Comte de Savoie. Titre qui devrait nous revenir. Et je compte bien jouer mes propres pièces sur l'échiquier qu'est la politique.
Quant à la ville de Lyon, à laquelle je suis loyale, je ne peux souffrir de la voir ainsi piétinée par le pouvoir royale. Autrefois indépendante et fière, elle se retrouve sous le joug de Louis X. Roi auquel ma famille a juré allégeance...



_________________
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Dernière édition par Blanche de Savoie le Jeu 25 Juin - 23:25, édité 8 fois
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Les Maudits
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Blanche de Savoie
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MessageSujet: Re: Blanche ✥ I’m a woman, a woman in a world built for men. Dim 21 Juin - 22:39



The Black Sun



Savoie, 1298, Château de Morges


« Nous par la grâce de Dieu roi de Sardaigne, de Chypre, de Jérusalem et d’Arménie, duc de Savoie, comte de Maurienne, marquis en Italie, prince de Piémont, de Carignan, d’Onéglia, de Poitin, de Trin, prince et vicaire perpétuel du Saint Empire Romain en Italie, prince de Carmagnole, de Montmélian, prince bailli du duché d’Aoste, prince de Chieri ; de Dronero, de Crescentino; de Riva de Chieri et Banna, de Busca, de Bene, de Brà, duc de Gênes, de Montferrat, d’Aoste, du Chablais, de Genève, de Plaisance, marquis de Saluces, d'Ivrée, de Suse, de Maro, d’Oristano, de Cesana, de Savona, de Tarentaise, de Borogomanero et Curregio, de Caselle, de Rivoli de Pianezza, de Govone, de Salussola, de Racconigi, de Cavaller-Maggiore, de Marene, de Modane et de Lanslebourg, de Libourne Ferraris, de Santhia, d’Aglié, de Centallo et Demonte, de Desana, de Ghemme, de Vigone, comte de Barge, de Villefranche, de Genevois, de Nice, de Tende, de Romont, d’Asti, d’Alessandria, de Goceano, de Novarre, de Tortone, de Bobbio, de Soissons, de Saint-Antioco en Sardaigne, de Pollenzo, Roccabruna en Piémont, de Tricerro, de Bairo, d’Ozegna, d’Appertole, baron de Vaud et de Faucigny, seigneur de Verceil, de Pignerol, de la Lommelline et de la vallée de la Sesia, du marquisat de Ceva, grand-seigneur de Monaco, de Roquebrune et d'un décime de Menton, noble homme patricien vénitien, patricien de Ferrare, souverain et chef de la maison royale de Savoie. »

Mon père adorait se répéter ses titres.
Il prenait plaisir à les entendre sonner à son oreille et se délectait de les savoir siens. « La dynastie de Savoie est une grande famille ! » se plaisait-il à dire. « Honorable. Honorable et ambitieuse. »
Assise par terre, à ses pieds, je n’arrivais pas à comprendre ces mots. Tous ces noms qui se suivaient et se ressemblaient. Pour moi, nous n’étions qu’une famille, vivant dans un château. J’avais mes frères, mes soeurs, mon père et ma mère. Peu attentive aux paroles de mon père, je fus distraite par une neige opaque et blanche qui tombait en poignée derrière les vitres des fenêtres. Je me redressais et y accourus pour pouvoir l’observer de plus près. J’adorais voir la montagne se couvrir de blanc et revêtir son manteau hivernal. L’embouchure de la rivière où l’eau coulait, grise et froide, semblait scintiller comme si quelque magie l’avait recouverte de perles. Mon souffle se matérialisa sous forme de buée contre la vitre. « N’est-ce-pas joli, Blanche ? » Je ne l’avais pas entendu se rapprocher de moi. Pas étonnée cependant, j’acquiesçais vivement sans me retourner. Il posa son énorme main sur ma frêle épaule et s’arrêta un instant pour admirer avec moi nos terres. « Sais-tu comment cette ville a été bâtie ? » me demanda-t-il avec un sourire en coin. Je hochais à nouveau la tête. « Oui. » Mère me faisait souvent la critique d’être peu bavarde. Je l’entendais souvent se plaindre à mes soeurs ainées, Marguerite et Jeanne, qu’elle ne comprendrait jamais ce qui se trame dans ma petite tête si je ne me montrais pas plus loquace. Ici, en l’occurence, je ne voyais pas l’intérêt de m’épancher sur la construction de la ville de Morges puisque je savais pertinemment que mon père ne souhaitait qu’entendre de ma bouche (ou de n’importe quelle bouche d’ailleurs) le récit de ses exploits. Comment il avait battit la ville, comment lui, le troisième fils destiné aux ordres s’était rebellé contre l’autorité paternelle et avait pris les armes, comment il avait tenu tête à son frère ainé, Amédée V, pour clamer une partie de son territoire. Comment sous la pression, mon oncle lui avait cédé le Vaud, le Buggy et le Valromey. Comment il était devenu Baron alors qu’il n’aurait dû être qu’un membre du clergé.

Mon père adorait se répéter ses titres.
Et à force, j’avais appris à les aimer aussi. Malgré mon jeune âge, j’avais déjà le visage sévère et noble. Sérieuse, je portais le poids de mes ancêtres avec fierté et orgueil. « Un jour, » commença mon père en marmottant, « un jour, je deviendrai comte. Comte de Savoie. Ce titre me revient de droit. Mon frère, ton oncle Blanche, n’est qu’un pleutre. Je finirai par le dévorer. » Je me lassais de voir la neige tomber. « M’aideras-tu ? » Je me tournais vers lui. Mon père était grand. Grand et robuste. Une barbe taillée lui dévorait le visage tandis que ses cheveux grisonnant, trop fins, laissaient apparaitre le sommet de son crâne. Ses yeux bleus étaient aussi froid que l’hiver et vous perçaient jusqu’à l’os. Face à lui, j’étais minuscule. Je ne lui ressemblais qu’à la couleur de mes iris et ma mâchoire carrée. Mes traits et ma stature étaient plus proche de ceux de ma mère. Cependant, si je n’étais pas physiquement mon père, mentalement, je m’identifiais aisément à lui. « Oui, Père. Je vous aiderai. »




Savoie, 1300, Hautecombe


Ma mère était une femme solaire. Toujours un sourire sur les lèvres, elle nous avait élevés dans la bonté et la bienveillance. Pourtant, malgré cette façade gaie et enjouée, un éclat de tristesse brillait souvent au fond de ses yeux. Ignorante sur les choses du monde et encore naïve de l’enfance, je ne comprenais toujours pas, du haut de mes sept ans, l’humeur quelque fois mélancolique de ma génitrice. Louis, mon frère aîné, m’expliquait souvent que son autre fils, Jean, lui manquait. Tout comme sa maison. Pourtant, sa maison n’était-elle point ici, en Savoie, avec nous ? Et aucun de mes frères ne se prénommaient Jean… « Mère a été mariée autrefois, à un autre homme que Père. Blanche, enfin, je te l’ai répété des dizaines de fois ! Mère était comtesse. Comtesse et régente de Forez. Et le fils qu’elle a eut a pris sa suite à la tête du Comté. » Alors, je haussais les épaules. « Mais moi, ce Jean, je ne l’ai jamais vu. » Louis avait vite perdu espoir. Jeanne se moquait souvent de moi en disant que je comprenais les choses compliquées, mais pas les choses simples. « Tu as le cerveau à l’envers ! » riait-elle souvent.

Si mère s’était toujours appliquée à me dire que j’étais sa plus grande énigme, l’inverse était également vrai. Ma mère était ma plus grande énigme. En réalité, elle me fascinait. Malgré sa douceur, je la savais incroyablement forte. Une main de fer dans un gant de velours. Je l’observais souvent à la dérobée. Gracieuse et d’un port de tête royal, je ne comprenais pas pourquoi elle n’était pas reine.

Aussi, lorsque je la regardais là, immobile et blanche, allongée et inerte dans cette grande boite en bois, je me demandais pourquoi elle ne portait pas ses boucles d’oreilles favorites, celles qui la rendait si jolie. Malgré les rides quelque peu creusées dans son front et ses cheveux blonds, légèrement ternes, elle avait toujours l’air noble. Même immobile et blafarde.

Solennel, Louis n’avait pas bronché tout le long de la messe. J’adorais les messes. Le silence me ravissait et la voix du prêtre sonnait comme une musique contre les parois de pierre de l’église. Je leur trouvais une atmosphère de joyeux recueil. Pourtant, aujourd’hui, personne n’avait l’air ravi. Père semblait plus froid que jamais. Marguerite et Jeanne pleuraient. Pierre, Catherine et Béatrice, les plus bavard et farceurs d’entre nous se taisaient. Éléonore et Guillaume, les jumeaux, d’un an mes cadets, se cramponnaient à mes bras comme des noyés à une planche. Et enfin Isabelle nous imitait en prenant une mine décrépie.

Enfin, lorsque le cercueil fut fermé, je compris. Cette phrase que Louis était venu me dire. « Maman est morte. » Par réflexe, je serrais très fort les mains d’Éléonore et Guillaume alors que mon coeur manqua un battement. Puis, je me mis à pleurer. Sans faire de scène, silencieusement, les larmes se mirent à couler le long de mes joues et mon menton se mit à trembler. Je retins un petit hoquet de désespoir. Alors, mes cadets, me voyant pleurer à chaudes larmes en firent de même. Isabelle se mit à hurler sans comprendre.

On nous fit sortir de l’église.
Je détestais les messes.




Italie, 1303, Naples

Voyager était un de mes nombreux plaisirs. Toujours, les découvertes et les mystères m’avaient attirée. Trop curieuse, peut-être. Mais il me semblait qu’à chaque nouvelle aventure, je m’animais d’un nouveau souffle. Quitter la Savoie et laisser derrière moi mes jeunes frères et soeurs étaient toujours difficile, mais je savais que toujours, je revenais dans ces montagnes qui m’avaient bercée.

Il y avait quelques mois de cela, avant notre départ pour l’Italie, Père m’avait conduite à Paris. Peu familière avait la capitale, étrangère en terres inconnues, je m’étais pourtant rapidement adaptée à cette foule de visages que je n’avais jamais rencontré. Mon paternel m’avait alors posé une question qui ne demandait aucune réponse de ma part. « Te rappelles-tu, Blanche, lorsque tu as juré de m’aider ? » Je m’en souvenais. Je n’avais rien répondu. Quelques jours plus tard, nous rencontrions un homme fort moustachu et un jeune garçon auquel je ne prêtais aucune attention particulière. Le moustachu m’avait détaillé de pied en cap et Père avait observé le garçon de la même façon. Après des poignées de mains et une claque dans le dos, un contrat obscur était signé tandis que l’enfant inconnu et moi nous observions en chien de faïence.

Le lendemain, Père me prenait sous le bras pour partir en Italie. Sur la route, Louis et Pierre nous avaient rejoints. Ils parlaient de choses que je ne saisissais pas encore. Pourtant, durant le trajet, alors que j’avais l’esprit occupé par les paysages incroyables et l’envie de m’enfuir pour découvrir ce pays étrange où je n’avais jamais mis les pieds, mon oreille attrapa les mots « mariage » et « rapide ». Faisant toujours mine de ne rien comprendre, j’avais avalé l’embryon de noeud qui se formait dans ma gorge. Marguerite et Jeanne avaient quitté la famille depuis leurs « mariages » respectifs. Depuis, je ne les voyais que très rarement. Elles qui avaient toujours été à mes côtés, voilà qu’elle avaient un beau jour disparu. Une nouvelle fois, j’avais assisté à quelques messes et elles étaient parties. Mon sentiment envers les messes était resté le même : une peur irraisonnable et irraisonnée. Elles avaient eu des enfants, mes neveux et mes nièces, qui venaient avec elles lorsqu’elles nous rendaient visite.

Allais-je partir, moi aussi ? Avais-je donc fait quelque chose de mal ? Je tâchais de noyer mon angoisse dans la contemplation de l’Italie, des champs blondissant du Nord aux terres plus sèches du Sud.

Lorsque nous arrivâmes à Naples, je fus stupéfaite de la beauté des lieux. Méticuleuse, je notais les détails de mes voyages dans un petit carnet de cuir que Pierre m’avait offert pour mes huit ans. Mes mots sur le pays voisin de ma Savoie commençaient déjà à en noircir les pages. Père comparait souvent l’Angleterre, où il était allé durant sa jeunesse, et l’Italie. Même s’il portait les deux pays dans son coeur, il ne cessait de les comparer. Quant à moi, j’ignorais à quoi pouvait donc ressembler cette drôle d’île, perdue en pleine mer.

Le roi de Naples, Charles II d’Anjou, était un bien drôle de personnage, boiteux et petit, il n’en dégageait pas moins une bonhommie sympathique. Père était un de ses fidèles amis. Nous restâmes à Naples le début du printemps pour nous « dégourdir » et « nous faire voir le monde », selon mon père.

Nous repartîmes le lendemain de son décès, le 28 avril 1303.




France, 1310, Lyon

Je déambulais dans les rues accompagnée d’Isabelle, de Guillaume et de mon oncle, Pierre de Savoie, nouvel archevêque de la ville. Les rues, encombrées et étroites dont l’odeur nauséabonde aurait pu soulever le coeur d’une princesse étaient bien différentes des espaces dégagés et aérés de Savoie. Si le choc lors de mon arrivée à Lyon voulait me faire fuir, je m’y étais cependant habituée. Et j’avais appris à aimer cette ville indépendante, à la personnalité si particulière. Baignée dans une atmosphère religieuse où la bourgeoisie avait plus de pouvoir que la petite noblesse de la ville, j’en avais pourtant fait ma maison.

Après la mort de Père, inconsolable, j’étais restée prostrée des jours durants, refusant de manger et de voir qui que ce soit. Tout dans ce château, dans cette ville de Morges qu’il avait battit me rappelait son souvenir. Son souvenir, mais également celui de ma mère et de mes soeurs adorées, Éléonore et Catherine, parties rejoindre le Tout-Puissant. Je ne supportais plus l’atmosphère suffocante des couloirs et il me semblait m’étouffer à chaque respiration que je prenais. Si je tentais de garder une composition correcte pour une dame de mon rang, je me retrouvais, à chaque tentative, à fondre en larmes comme une imbécile. Et alors, je me haïssais.

Pour mon bien, Louis avait décidé de m’envoyer chez notre oncle paternel, Pierre, résidant alors à Lyon, avec mes cadets, Guillaume et Isabelle. Je n’étais revenue en Savoie que pour assister aux mariages de mon aîné, de Pierre et de Béatrice, ainsi que pour quelques rares visites à Marguerite et Jeanne. Tous me manquaient terriblement et nous engageâmes de longues correspondances.

Cependant, je m’étais faite à la vie à Lyon. Paisible, je grandissais aux côtés de mon oncle que j’adorais. D’une grande sagesse, il était un véritable puit de savoir. Comme feu mon père, il n’aimait que très peu Amédée V, leur frère ainé. Quant à moi, cet autre oncle à la triste réputation, je ne le détestais que par habitude. Je ne l’avais jamais vu et m’étais faite de lui une image monstrueuse.

A Lyon, j’étais ainsi proche du Forez, fief de ma mère. Ma famille maternelle se montrait bienveillante envers ma soeur, mon frère et moi et je sus enfin qui était Jean, mon demi-frère, beaucoup plus âgé que moi.

J’évitais une flaque d’eau boueuse dont l’eau répugnante se mit à trembloter. Mon oncle releva la tête, en alerte. « Quelqu’un approche, » murmura-t-il, plus pour lui même que pour nous. Isabelle, craintive, attrapa mon bras. Les pavés résonnèrent de sons de sabots martelant le sol. Tendue, je levais le menton et plissais les yeux. Un messager galopa jusqu’à nous. Sur son plastron, le blason de la ville était peint. « Monseigneur ! » hurla-t-il à l’attention de mon oncle, « Monseigneur l’archevêque ! Les troupes… les troupes du roi viennent à nous ! Ils veulent prendre la ville ! » Coite de surprise, je laissais un sifflement de désapprobation se glisser entre mes dents. Le roi Philippe le Bel avait d’abord fait les yeux doux à Lyon, souhaitant voir cette ville indépendante au Royaume le rejoindre. Mais la ville, fière de sa liberté n’avait pas cédé. J’étais incroyablement orgueilleuse de cette ville d’adoption. Je m’en vantais comme de ma propre fille. Pierre de Savoie sourcilla. « La ville est avec nous. Que peuvent donc faire les armes contre la liberté ? » demandais-je, confiante. Mon oncle, sûr de lui, hocha la tête. « Lyon est sa propre chef depuis des centaines d’années. Que pensent-ils donc faire ? » se désola-t-il. « Mon frère m’a juré son aide si le conflit venait à dégénérer. Nous ne risquons rien. »

J’admirais mon oncle de par sa force de caractère. Épaule solide et réconfortante, il avait su me tirer de ma léthargie et de ma détresse. Il avait fini de m’élever dans la plus pure abnégation et générosité. Pour lui, je n’étais après tout qu’une fille d’un de ses frères. Pourtant, ils nous avaient accueilli. Et Lyon était devenue comme une cousine très proche.

Pourtant, quelques semaines plus tard, les choses s’encrassèrent. Mon oncle, désespéré, harcelait son frère de lettres. Lettres auxquelles il restait éternellement muet. « Ce frère… Ce maudit frère… » furent les mots favoris de mon oncle durant toute la période du siège.

Car oui, Lyon fut assiégée. Cette ville que je considérais comme mon refuge se trouva être témoin des ravages du conflit armé. Je haïssais le roi. Intensément. Lui et ses fils. La ville fut encerclée, les habitants terrorisés, mourraient de faim. Partout, les rues étaient en panique. Malgré mes prières, les choses ne faisaient qu’empirer.

Durant trois mois, je connus la peur sourde de l’animal pris au piège. Petit à petit, la ville mourrait à petit feu. La chaleur estivale nous accablait et nous apprîmes qu’Amédée V marchait avec les troupes du roi. Je vécus cela comme la pire des trahisons. Enfin, le monstre avait un visage.

Plongés au coeur de la tourmente, le coup fatal fut porté le 22 juillet 1310 lorsque l’invasion arriva par la Saône. Mon oncle se retrancha dans le château de Pierre Scize où nous vivions et accepta la rédition. Fière et indomptable, je ne comprenais pas cette décision. Pour moi, le temps était encore à la bataille. Je me serais battue pour Lyon.

Au lieu de cela, mon oncle arrangea notre sortie de la ville, à Isabelle, Guillaume et moi.




Savoie, 1310, Nyon


Le garçon que j’avais rencontré à Paris avait bien changé. Avant frêle et distant, Pierre de Grandson était devenu grand et avenant. Lorsqu’il vint à ma rencontre, trois mois après mon retour en Savoie, il ne me fit pas rougir. Pire, il me fit sourire.

« On te dirait redevenue jeune ! » me taquina Isabelle. Je pris la mouche. « Je suis jeune. » Elle s’esclaffa et haussa les épaules. Puis, elle ferma complètement son visage et prit un air hautain. « Je suis Blanche de Savoie. Je ne rigole jamais. Je porte sur mes épaules la fierté de mon nom et l’héritage de mes ancêtres… » Elle fut interrompue dans son ridicule monologue par mes doigts contre ses côtes. D’être ainsi chatouillée la fit hurler. « Arrête ! » me supplia-t-elle. « Tu sais très bien que je déteste ça ! » Je souris une nouvelle fois et lui tirais la langue.

Je n’écoutais pas la messe prononcée en l’honneur de mon mariage. Non, je n’entendais que la voix de mon père me demandant de l’aider, il y avait des années de cela. Il m’avait donnée à la famille Grandson, de la noblesse suisse, pour asseoir un peu plus son pouvoir en Savoie. Il ne résonnait qu’en terme de conquêtes. Pour lui, l’objectif était le comté de Savoie. Comté qui était entre les mains d’Amédée… Je retins une grimace. Cet homme… Je l’aurais tué. Pour moi, la clémence et la pitié étaient de bien meilleures armes que le fouet. Cependant, face à cet oncle haï, je ne savais quelle serait ma réaction.

« Agenouillez-vous. » Perdue dans mes pensées, la voix du prêtre sonna à mes oreilles comme une étrangère. Mon futur époux, ma main emprisonnée dans la sienne, m’attira à genoux. Il ne me souriait plus et affichait un air fier et solennel. Je m’accordais à son attitude. Le sacrement fut conféré et un chaste baiser échangé. Je me surpris à rougir. Pierre me dévoila ses dents blanches dans un sourire. Je remarquais qu’une de ses canines était cassée. « Vous ressemblez à un soleil noir, » fut la seule chose que m'eut dit mon époux après la cérémonie.

Si on m’avait parlé du mariage, la nuit de noces était restée un sujet bien trouble en mon esprit. Le lendemain, troublée, j’écrivis une longue lettre à Marguerite. Elle me répondit en ces mots : « Tu finiras par t’y habituer, ma chère soeur. »




France, 1315, Paris

La malédiction.
Ce mot était sur toutes les lèvres. Dans toutes les conversations. Le roi était maudit. Ses enfants aussi. Face à la nouvelle, j’étais partagée. Un plaisir presque sadique m’avait envahie lorsque j’avais vu leur crainte. Je me rappelais encore très nettement des mots envoyés par mon oncle Pierre lors du siège de Lyon : « Les gens du roi torturent les hommes de l’Eglise et de Lyon. Ils les maltraitent si cruellement qu’ils meurent dans des cachots. » Une rage bouillonnante m’aveuglait alors. De savoir que les coupables seraient punis m’aurait presque arraché un sourire. Puis, je me rappelais du serment de Louis, mon frère ainé, ayant juré fidélité au roi. Fidèle à mon frère, pouvais-je lui faire défaut ? Mon époux restait également allié suisse du nouveau roi de France. Dans les deux cas, mon coeur était tiraillé par la trahison.

Et enfin, une voix rationnelle me chuchotait qu’après tout, ce n’était que des mots.

Et les mots importaient bien peu face aux actes.

En ces temps troublés, j’avais quelques pièces à jouer. Vengeance pour Lyon ? Loyauté à mon frère et au roi ? Reprise du flambeau paternelle et lutte pour le Comté de Savoie ?

Les possibilités étaient infinies. C'était, après tout, pour cela qui j'avais rejoint Paris.




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Dernière édition par Blanche de Savoie le Jeu 25 Juin - 23:12, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Blanche ✥ I’m a woman, a woman in a world built for men. Lun 22 Juin - 8:23

Bienvenue sur le forum avec cet excellent choix d'avatar !
Je ne connais pas le perso (s'il est historique Arrow) donc impatiente de savoir ce que tu vas en faire
Bonne chance pour ta fiche

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MessageSujet: Re: Blanche ✥ I’m a woman, a woman in a world built for men. Lun 22 Juin - 9:03

Bienvenue sur le forum et bon courage pour la fiche ! N'hésites surtout pas si jamais tu as des questions !
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MessageSujet: Re: Blanche ✥ I’m a woman, a woman in a world built for men. Lun 22 Juin - 10:36

Bienvenue sur le forum belle Blanche
J'adore l'avatar que tu as choisi, et j'ai vraiment hâte de voir quel genre de personnage tu vas faire
Bon courage pour ta fiche !
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MessageSujet: Re: Blanche ✥ I’m a woman, a woman in a world built for men. Lun 22 Juin - 10:45

Bienvenuuuue avec la jolie Alexandra
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Invité

MessageSujet: Re: Blanche ✥ I’m a woman, a woman in a world built for men. Lun 22 Juin - 11:52

Bienvenue sur LRM ♥️ Comme tout le monde, j'ai hâte d'en savoir plus sur ton personnage
Si tu as des questions surtout n'hésites pas à venir me voir ♥️
Bon courage pour la rédaction de ta fiche
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MessageSujet: Re: Blanche ✥ I’m a woman, a woman in a world built for men. Lun 22 Juin - 15:48

Biienvenue avec la belle Alexandra !! moi aussi j'ai envie d'en savoir plus
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MessageSujet: Re: Blanche ✥ I’m a woman, a woman in a world built for men. Lun 22 Juin - 17:26

Bienvenue ! Hâââââte de lire ta fiche !!
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Blanche de Savoie
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MessageSujet: Re: Blanche ✥ I’m a woman, a woman in a world built for men. Lun 22 Juin - 19:03

Merci à vous touuuuus !
Je me dépêche d'écrire ma fiche !

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MessageSujet: Re: Blanche ✥ I’m a woman, a woman in a world built for men. Mar 23 Juin - 12:47

Y a trop de nom qui vienne de chez moi dans ton titre de noblesse ahahaha
Bienvenue à toi !

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MessageSujet: Re: Blanche ✥ I’m a woman, a woman in a world built for men. Mer 24 Juin - 19:46

Bienvenue, bon courage pour ta fiche
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MessageSujet: Re: Blanche ✥ I’m a woman, a woman in a world built for men. Jeu 25 Juin - 9:22

bienvenue !
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Charles II de Valois
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MessageSujet: Re: Blanche ✥ I’m a woman, a woman in a world built for men. Jeu 25 Juin - 9:25

Bienvenue ! J'adore Alexandra *_* Super choix d'avatar ! Smile

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MessageSujet: Re: Blanche ✥ I’m a woman, a woman in a world built for men. Ven 26 Juin - 20:06



Félicitations !



Je ne connaissais pas du tout cette famille et j'ai été ravie de la découvrir à travers toi et le personnage de Blanche est tout bonnement intéressant ** En plus, ça promet des liens avec les Bourguignons, donc ma Mahaut Very Happy

Te voilà officiellement maudit par Jacques Molay, le dernier grand maître de l'ordre du Temple ! Il va donc falloir t'armer de courage et de volonté pour braver cette malédiction. Pour se faire, tâche de tisser des liens et des rps avec les autres maudits grâce à ta fiche de liens et de rps (ICI). Tu n'es en effet pas la seule personne maudite des environs, les autres personnes l'étant seront ravies de venir se lier avec toi ! De plus, armes-toi de prudence en ces contrées car une guerre fait rage en ce moment ! Les informations concernant celle-ci sont rassemblées par ICI. Chacun, qu'on soit paysan ou puissant seigneur, est concerné et se doit d'être au courant ! D'ailleurs, voici ta étendard pour cette guerre ! Libre à toi de l'afficher fièrement devant tous ! (Même s'il est vrai que c'est à tes risques et périls !)


Propriétaire d'une immense demeure ou d'une modeste habitation dans une grande ville ? Qu'à cela ne tienne, tous les maudits ont le droit à un logement ! Il suffit juste de le demander aux secrétaires des souverains de ce royaume par ICI. Ils tâcheront de répondre à votre demande le plus rapidement possible.

Qu'entends-je ? Tu recherches des membres de ta famille, ton grand amour ou ta némésis ? Gardes ton calme manant et rédige un scénario par ICI. Tes informations sont peu fournies au sujet de cette personne recherchée ? Point de panique non plus et lance un avis de recherche peu précis par ICI.

Enfin, n'hésites point à te rendre dans le flood et dans les jeux que tu trouveras par ICI. Que ce soit pour souffler dans l'élaboration des complots ou tout simplement pour mieux s'intégrer sur le forum, chacun sait que rien n'égale une partie de dé après une journée de labeur !

Te voilà informée de toutes les informations importantes de ce royaume. Profites de ton séjour en ce lieux et n'hésites pas à demander audience par mp aux souverains du royaume des Rois Maudits si tu venais à avoir besoin d'informations.

Bon jeu à toi !




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MessageSujet: Re: Blanche ✥ I’m a woman, a woman in a world built for men.

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Blanche ✥ I’m a woman, a woman in a world built for men.

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